Une mousse annoncée plus légère peut-elle donner une chaussure plus lourde ? C’est le paradoxe que soulève la Cloudsurfer 3, présentée par On le 15 septembre 2026 à Zurich comme la troisième génération de son daily trainer amorti. La nouvelle mousse Surreal doit remplacer Helion sur l’ensemble de la gamme running. La paire de référence communiquée par la marque pèse pourtant 285 g en taille US 8.5 (environ EU 42) contre 260 g en EU 42 pour la Cloudsurfer 2. Pour un coureur qui enchaîne les sorties longues avec un genou qui tire depuis plusieurs semaines, un écart de poids ou de drop compte avant de changer de paire.
La mousse Surreal, premier étage d’un changement annoncé sur toute la gamme
Surreal est une superfoam propriétaire développée au Foam Competency Center d’On Labs à Zurich. On la présente comme plus légère et plus dynamique qu’Helion, la mousse qui équipait les daily trainers de la marque jusqu’ici. La Cloudsurfer 3 est le premier modèle à la recevoir. On annonce vouloir l’étendre progressivement au reste de sa gamme running.
« Notre ambition avec la Cloudsurfer 3 était de repenser ce que la douceur devrait représenter dans une chaussure de running quotidienne », résume Zoé Gerdil, cheffe de produit chez On, dans le communiqué du 15 septembre 2026.
La tige change aussi de matière : un nouveau mesh Evolved Warp Knit remplace le tissage précédent. On ne communique aucun chiffre de respirabilité ou d’élasticité sur ce point, seulement le nom du matériau.
CloudTec Phase réusinée : ce que mesure une FEA (et ce qu’elle ne mesure pas)
Le système CloudTec Phase a été retravaillé pour que les éléments Cloud se compriment en séquence pendant le déroulé du pied, du talon vers l’avant, plutôt que tous en même temps. La géométrie a été optimisée par ordinateur pour ce séquençage.

On avance 2 chiffres pour appuyer cette évolution : une compression supérieure de 15,5 % par rapport à la mousse seule et un pic de force de freinage réduit de 9,9 % (la résistance maximale que la chaussure oppose au mouvement horizontal vers l’avant du pied). Ces 2 mesures viennent de simulations internes par analyse par éléments finis (FEA) menées à On Labs Zurich. Une FEA découpe la structure de la semelle en milliers de points de calcul et modélise comment chacun se comporte sous une charge donnée. Elle dit ce que fait la structure sur un modèle numérique ; elle ne dit rien de ce que ressent un tendon d’Achille à 1h15 de sortie longue. Aucun de ces 2 pourcentages ne provient d’un test sur coureurs. On ne le présente pas comme tel dans son communiqué.
C’est une objection légitime : un communiqué de marque qui annonce des pourcentages de labo reste une preuve d’ingénierie interne. La distinction compte pour choisir une paire : une FEA valide un principe de conception, le rodage sur l’asphalte reste le seul juge du confort réel sur 200 km.
285 g contre 260 g : l’écart que la mousse plus légère n’explique pas seule
Le chiffre ne colle pas avec le discours marketing. On annonce Surreal comme une mousse plus légère qu’Helion. Pourtant, la Cloudsurfer 3 pèse 285 g en US 8.5, quand la Cloudsurfer 2 pesait 260 g en EU 42, une pointure quasiment identique. L’écart atteint environ 25 g par chaussure à taille comparable.

L’hypothèse la plus probable est un volume de semelle plus épais : plus de mousse, même plus légère au litre, peut peser davantage à l’arrivée qu’une couche plus fine de mousse plus dense. Ça reste une hypothèse à ce stade. On ne publie aucun chiffre de stack (l’épaisseur de semelle au talon et à l’avant-pied) pour la Cloudsurfer 3, alors que ce chiffre figurait dans le communiqué de la V2 (32 mm au talon, 23 mm à l’avant-pied). Le marché des daily trainers va plutôt vers des modèles plus légers, ce qui rend ces 285 g d’autant plus visibles au moment de comparer deux paires en boutique.
Drop à 8 mm : un mm de moins, pas neutre pour l’Achille
Le drop passe de 9 mm sur la Cloudsurfer 2 à 8 mm sur la Cloudsurfer 3. Un millimètre semble insignifiant sur le papier. Il compte pour certains coureurs.
Chez un coureur dont l’Achille ou le mollet a déjà tiré après une augmentation de charge d’entraînement, un drop plus bas répartit différemment la contrainte entre le triceps sural et le tendon à chaque appui. La chaussure reste loin d’un modèle minimaliste à drop nul. Pour un genou douloureux, la littérature sur le drop va plutôt dans le sens inverse : abaisser le talon tend à soulager l’articulation fémoro-patellaire en déplaçant la charge vers le mollet et l’Achille, ce qui rend le millimètre gagné intéressant pour les uns et discutable pour les autres. Le changement se sent surtout dans les premières sorties, le temps que la foulée s’ajuste. Le communiqué de On reste silencieux sur ce point précis : le passage de 9 à 8 mm accompagne le reste de la refonte, présenté comme un ajustement d’ensemble. On n’en fait pas un axe correctif contre la périostite tibiale ou une tendinopathie d’Achille en cours.
Cloudsurfer 3 face à Cloudsurfer 2 : le tableau des caractéristiques
Le tableau reprend les chiffres publiés dans les 2 communiqués officiels de On, à 19 mois d’intervalle. Les cases vides restent vides : c’est aussi une information.
| Critère | Cloudsurfer 3 (2026) | Cloudsurfer 2 (2025) |
|---|---|---|
| Mousse | Surreal (superfoam) | Helion |
| Système d’amorti | CloudTec Phase réusinée (compression séquencée) | CloudTec Phase, sans Speedboard |
| Tige | Mesh Evolved Warp Knit | Mesh standard On |
| Poids | 285 g (US 8.5, ≈ EU 42) | 260 g (EU 42) / 230 g (EU 38.5) |
| Drop | 8 mm | 9 mm |
| Stack (talon / avant-pied) | Non communiqué par On | 32 mm / 23 mm |
| Tailles | 36 à 49 | Gamme homme et femme standard On |
| Prix | 170 €, 160 USD, 150 GBP, 210 CHF | 170 €, 160 USD, 150 GBP, 220 CHF |
| Disponibilité | Pré-lancement spécialistes 1er octobre 2026, mondial début 2027 | Lancement mondial 13 février 2025 |
Prix identique, disponibilité restreinte : ce que ça change pour l’essayer
Le prix ne bouge pas : 170 € dans les 2 générations. C’est un des rares points fixes de cette annonce.
La disponibilité, elle, se fait en 2 temps. À partir du 1er octobre 2026, la Cloudsurfer 3 arrive exclusivement chez les détaillants running spécialisés, en avance sur On.com et sur les boutiques généralistes de la marque. Le lancement mondial, sur tous les canaux, est annoncé pour début 2027 sans date précise. Concrètement, un coureur qui veut l’essayer avant l’hiver devra passer par une boutique de running indépendante et vérifier sa disponibilité en magasin plutôt que de commander en ligne.
Quand la Cloudsurfer 3 sera-t-elle disponible en France ?
La date confirmée est le 1er octobre 2026, uniquement chez les revendeurs running spécialisés. Le lancement mondial sur On.com et dans les boutiques généralistes de la marque suivra début 2027, sans jour précisé par On à ce stade.
Combien coûte la On Cloudsurfer 3 ?
170 € en France, soit le même prix affiché que la Cloudsurfer 2 lors de son lancement en février 2025. Le tarif ne suit pas l’inflation habituelle constatée sur les nouvelles générations de daily trainers.
Quelle est la différence principale avec la Cloudsurfer 2 ?
La mousse change de nom et de formule (Surreal remplace Helion), la géométrie CloudTec Phase est réusinée pour un amorti séquencé et le drop baisse d’un millimètre. En contrepartie, la chaussure gagne environ 25 g à pointure comparable. On ne publie pas le stack de la nouvelle version pour expliquer cet écart.
Le stack exact de la Cloudsurfer 3 restera une inconnue tant qu’un revendeur spécialisé ne l’aura pas mesuré au pied à coulisse en boutique à partir du 1er octobre 2026. Les premiers tests sur route suivront la sortie du modèle, avec en comparaison directe sa devancière la Cloudsurfer 2.