Chaussures de trail sur sommet rocheux Chaussures de trail sur sommet rocheux

La Sportiva Ultra Raptor 3 : ce que change la nouvelle trail-rando

Quand GearJunkie a reçu l’Ultra Raptor 3 au printemps 2026, le média américain l’a rangée parmi les chaussures de fast-and-light hiking, pas dans le rayon course. Field Mag a fait le même constat. La lignée Ultra Raptor a toujours vécu à cheval entre trail running et randonnée depuis plus de trente ans et cette troisième génération penche cette fois vers le terrain technique et les longues itinérances. Pour un coureur qui traîne une périostite ou un genou douloureux depuis six semaines, la vitesse pure passe au second plan. Ce chaussant élargi et cet amorti revu protègent-ils la foulée sur du long ? La réponse tient en quelques chiffres et un changement de cap assumé par La Sportiva.

Randonneurs avec chien au coucher du soleil
Deux randonneurs et leur chien progressent au sommet au coucher du soleil. Une scène d’aventure baignée de lumière dorée.

Une chaussure de rando rapide avant d’être une chaussure de course

L’Ultra Raptor 3 vise la rando rapide, pas le chrono. La Sportiva la présente comme dédiée à la « randonnée toutes distances » et la presse spécialisée internationale confirme le glissement : OutdoorGearLab, Field Mag et GearJunkie la décrivent comme une chaussure de rando rapide à base élargie et crampons plus profonds. Le coureur amateur qui cherche un chrono sur 10 km regardera ailleurs. Celui qui vise une ultra-rando, une sortie longue sur sentier cassant ou une saison sans rechute trouvera là un outil de protection. Le poids reste contenu pour la catégorie : 355 g en demi-paire taille 42 chez l’homme, 295 g en taille 38 chez la femme. Léger pour une rando, lourd pour une chaussure de course. Le positionnement est cohérent avec cet entre-deux.

Le chaussant élargi, premier changement concret

L’évolution numéro un par rapport à l’Ultra Raptor II concerne l’avant-pied. La toe box a été élargie, avec plus de volume et un meilleur étalement du médio-pied. Field Mag note un avant-pied « nettement plus large » que sur la version 2. Pour le coureur qui finit ses sorties longues avec des orteils comprimés ou une gêne plantaire qui réveille une fasciite, ce volume supplémentaire compte plus qu’un gramme gagné. À noter une réserve qui revient dans presque tous les tests : malgré cet élargissement, le chaussant taille un peu juste en longueur. GearJunkie et OutdoorGearLab conseillent d’envisager une demi-pointure au-dessus. Le col du soutien talon-cheville a lui aussi été redessiné, avec un maintien renforcé qui stabilise le pied sur terrain irrégulier.

Randonneurs assis sur banc en bois, chaussures visibles
Pause bien méritée après l’effort. Des randonneurs reprennent des forces sur un banc en bois.

Amorti, drop et accroche : les specs techniques

L’amorti est le deuxième chantier. La semelle intermédiaire devient plus souple et enveloppante, avec une hauteur de pile de 27 mm sous l’avant-pied et 35 mm sous le talon selon les mesures relevées par GearJunkie. Un insert de mousse EVA compacte au talon ajoute du soutien sur les appuis instables. Le drop descend à 8 mm, contre 9 mm sur l’Ultra Raptor II. Ce millimètre de moins soulage un peu l’avant-pied, tout en gardant une valeur intermédiaire qui ménage le tendon d’Achille, sans imposer la rééducation d’un passage en drop zéro. Sous le pied, la semelle de propreté Ortholite Hybrid Mountain Hiking de 5 mm complète le confort. L’accroche progresse nettement : les crampons gagnent en profondeur, autour de 4 mm, sur un composé FriXion White, là où la version 2 misait sur un FriXion XF 2.0 plus discret. Le gain est sensible sur boue molle et roche meuble, deux terrains où l’ancienne Ultra Raptor décrochait alors qu’elle excellait sur roche sèche. L’Impact Brake System, signature maison, absorbe les chocs et améliore la traction en montée comme en descente. Sur une descente technique chargée, c’est ce frein talon qui ménage le quadriceps et limite l’à-coup articulaire que redoute un genou fragile. Les rainures de flexion sur l’avant-pied laissent le déroulé se faire sans casser la foulée dans les sections accidentées.

Ultra Raptor 3 face à l’Ultra Raptor II : les écarts mesurés
Critère Ultra Raptor 3 (2026) Ultra Raptor II
Chaussant avant-pied Toe box élargie, plus de volume Plus étroit
Drop 8 mm 9 mm
Crampons ≈ 4 mm, FriXion White Moins profonds, FriXion XF 2.0
Amorti Semelle souple, insert EVA talon Réputé plus ferme
Tige Mesh ripstop recyclé + guêtre col Mesh sans guêtre intégrée
Poids homme (½ paire T42) 355 g Légèrement supérieur

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« Encore un test de chaussure » : ce qui justifie de regarder celle-ci

L’objection est légitime. Le coureur blessé a déjà lu vingt comparatifs et reste sceptique. Avant de zapper, un détail mérite l’attention. La construction de la tige vise un problème concret des sorties longues : l’intrusion de débris. Le col intègre une guêtre anti-pierres et graviers et un pare-pierre doublé d’une bande caoutchouc protège l’avant-pied. Sur un sentier de scree ou de gravier, c’est ce qui évite l’arrêt toutes les vingt minutes pour vider la chaussure. La tige en mesh ripstop recyclé évacue la transpiration, un point que les générations précédentes géraient moins bien sur les longues distances. La stabilité ressort comme le point fort le plus cité par les testeurs, devant la traction. Pour qui revient de blessure et veut sécuriser l’appui avant de penser allure, l’argument porte.

Randonneurs attachant leurs chaussures sur rocher montagneux
Préparation avant l’ascension en pleine nature. Les randonneurs ajustent leurs chaussures sur un terrain rocheux.

165 € : dans la fourchette haute du trail technique

165 € en version classique. La fourchette est dans la moyenne haute des chaussures trail-rando techniques, sans excès pour une La Sportiva. Une version GTX existe, étanche, autour de 199 dollars sur le marché américain, à réserver aux pratiquants confrontés à la boue et aux passages humides réguliers. « Le coach perso à 80 € par mois, c’est déjà trop », résume souvent ce profil de coureur : sur une chaussure conçue pour durer plusieurs saisons d’itinérance, l’investissement se raisonne différemment d’un achat plaisir. La gamme couvre les tailles 40 à 50,5 chez l’homme et 36 à 43 chez la femme, avec plusieurs coloris dont Black/Yellow et Night Sky. Disponibilité annoncée pour mai 2026.

Qui est La Sportiva et pourquoi ça compte

La Sportiva n’est pas un nouvel entrant. L’entreprise familiale du Trentin, en Italie, a été fondée en 1928 et produit toujours à Ziano di Fiemme, dans la vallée de Fiemme. Ses chaussures sont distribuées dans plus de 80 pays. Cet ancrage montagne explique le parti pris de l’Ultra Raptor 3 : la marque conçoit d’abord pour le terrain engagé, pas pour la piste roulante. Le coureur qui privilégie le confort sur 30 km de sentier technique plutôt que la réactivité sur bitume y retrouve une logique cohérente.

Une chaussure se juge sur la durée, sur la centième sortie autant que sur la première. La réponse viendra des semelles usées dans six mois.

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